Le malus écologique pèse sur le budget d’un véhicule neuf depuis 2008, mais son barème se durcit d’année en année. En 2026, le seuil de déclenchement descend à 108 g/km de CO2, et une nouveauté fiscale inquiète les acheteurs de voitures d’occasion : un malus rétroactif pourrait s’appliquer à certaines voitures déjà en circulation. Voici les modèles concernés, les montants à prévoir et les erreurs à éviter avant de signer un bon de commande.

Quel est le barème du malus CO2 pour une voiture neuve en 2026 ?

Le malus écologique est une taxe additionnelle qui s’ajoute au prix de la carte grise lors de la première immatriculation d’un véhicule neuf. Il concerne les voitures particulières de catégorie M1 (les véhicules de tourisme classiques), mais aussi certains utilitaires transformés et les pick-ups de plus de 5 places. Pour savoir si votre véhicule est concerné, regardez la case J.1 de la carte grise : la mention « VP » pour les voitures particulières, « CTTE » pour les utilitaires.

Malus écologique : modèles concernés et impact sur le prix d’une voiture neuve
Malus écologique : modèles concernés et impact sur le prix d’une voiture neuve

Le seuil de déclenchement ne cesse de baisser. Il est passé de 160 g/km à l’origine à 108 g/km en 2026. Concrètement, tout véhicule neuf émettant plus de 107 g/km de CO2 sur le cycle WLTP est taxé. Le montant du malus est progressif : plus les émissions sont élevées, plus la taxe est lourde. Pour les modèles les plus polluants, le montant peut atteindre plusieurs milliers d’euros, ce qui représente une part significative du prix final.

Le malus s’applique aussi en cas de location longue durée (LLD) et de location avec option d’achat (LOA), que le véhicule soit acheté en France ou importé de l’étranger. Les véhicules 100 % électriques et ceux fonctionnant à l’hydrogène, qui émettent moins de 20 g/km, sont exonérés et peuvent même bénéficier du bonus écologique.

Quels modèles de voitures neuves sont les plus touchés par le malus ?

Les voitures les plus exposées au malus CO2 sont celles qui combinent un poids élevé et une motorisation puissante. Les SUV lourds comme le Peugeot 5008, le Renault Koleos ou le BMW X3 figurent parmi les modèles les plus taxés, tout comme les berlines puissantes à essence ou diesel et les sportives (Mercedes AMG, Audi RS, etc.).

Les véhicules utilitaires transformés en voitures de tourisme sont également concernés depuis le 1er juillet 2020. Lorsqu’un utilitaire est converti pour le transport de personnes, il change de catégorie et doit payer le malus lors du renouvellement de la carte grise. Les pick-ups de plus de 5 places sont aussi taxés, sauf s’ils sont utilisés exclusivement pour l’exploitation des domaines skiables ou des remontées mécaniques.

Le barème évolue chaque année par décret. En 2024, le gouvernement a introduit une ligne dédiée aux véhicules homologués en catégories N2 et M2 bénéficiant d’une dérogation de poids et dont le PTAC est inférieur ou égal à 3,5 tonnes. Cette mesure vise à éviter que certains véhicules professionnels échappent à la taxation.

Le malus rétroactif sur les voitures d’occasion : comment ça marche ?

À partir de janvier 2026, une nouvelle mesure fiscale pourrait s’appliquer aux véhicules d’occasion : le malus rétroactif. Concrètement, lors de l’immatriculation d’une voiture déjà en circulation, l’acheteur devra s’acquitter d’une taxe supplémentaire si le véhicule n’a jamais été soumis au malus écologique lors de sa première immatriculation.

Le principe est simple : le malus écologique ne frappera plus uniquement les acheteurs de voitures neuves, mais aussi ceux qui se tournent vers l’occasion. La mesure vise les voitures immatriculées à partir de 2015 qui avaient été exonérées lors de leur première immatriculation. Un véhicule immatriculé depuis 2015 et émettant plus de 107 g/km de CO2 pourra donc être taxé rétroactivement. Le seuil exact d’émissions sera précisé par la loi de finances 2026.

Le montant du malus sera proportionnel aux émissions de CO2 du véhicule et s’appliquera au moment de la délivrance d’une nouvelle carte grise. Il concerne aussi bien l’achat entre particuliers, l’achat en concession que l’importation depuis l’étranger.

Les modèles les plus exposés au malus rétroactif sont les SUV lourds, les berlines puissantes et les sportives immatriculées entre 2015 et aujourd’hui, qui n’avaient pas été taxées à l’époque.

Quelles voitures d’occasion seront concernées par le malus rétroactif ?

Le malus écologique existe depuis 2008, mais son seuil a progressivement baissé. Il est passé de 160 g/km à l’origine, à 108 g/km en 2026. Un véhicule immatriculé depuis 2015 et émettant plus de 107 g/km de CO2 pourra donc être taxé rétroactivement. Les voitures les plus exposées sont :

  • les SUV lourds (Peugeot 5008, Renault Koleos, BMW X3…) ;
  • les berlines puissantes avec motorisation essence ou diesel ;
  • les sportives (Mercedes AMG, Audi RS, etc.).

Ces modèles seront les plus concernés en raison de leur poids et de leur puissance, qui entraînent des émissions supérieures à la moyenne. À l’inverse, certaines catégories resteront exonérées : les véhicules électriques et hybrides rechargeables, ainsi que les modèles récents qui respectent les seuils d’émissions les plus stricts.

Quel est le montant du malus écologique en 2026 ?

Le montant du malus est proportionnel aux émissions de CO2 du véhicule. Plus la voiture est polluante, plus la taxe est élevée. Voici un aperçu des montants pour les véhicules neufs en 2026 :

Malus écologique : modèles concernés et impact sur le prix d’une voiture neuve
Malus écologique : modèles concernés et impact sur le prix d’une voiture neuve
Émissions de CO2 (g/km) Montant du malus (estimation)
108 g/km Seuil de déclenchement
110 à 120 g/km Quelques centaines d’euros
120 à 140 g/km 1 000 à 2 000 €
140 à 160 g/km 2 000 à 5 000 €
Plus de 160 g/km Plus de 5 000 €, jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros

Pour les voitures d’occasion soumises au malus rétroactif, le montant sera calculé selon le même principe, en fonction des émissions de CO2 du véhicule et du barème en vigueur au moment de la nouvelle immatriculation. Le montant exact sera précisé par la loi de finances 2026.

Quelles sont les erreurs à éviter face au malus écologique ?

La première erreur consiste à ne pas vérifier les émissions de CO2 du véhicule avant l’achat. Sur une voiture neuve, cette information figure sur le certificat d’immatriculation et sur la fiche technique du constructeur. Sur une voiture d’occasion, elle est indiquée sur la carte grise. Un simple calcul permet d’estimer le montant du malus et d’éviter les mauvaises surprises au moment de l’immatriculation.

La deuxième erreur est de croire que le malus ne concerne que les voitures neuves. Avec le malus rétroactif de 2026, les acheteurs de voitures d’occasion immatriculées depuis 2015 devront vérifier si leur véhicule a déjà été taxé. Si ce n’est pas le cas, ils devront payer le malus lors de la délivrance de la nouvelle carte grise.

La troisième erreur est d’ignorer les exonérations. Les véhicules électriques et hybrides rechargeables sont exonérés du malus, tout comme les véhicules utilitaires utilisés pour le transport de marchandises. Les pick-ups de plus de 5 places utilisés exclusivement pour l’exploitation des domaines skiables ou des remontées mécaniques sont également exonérés, ainsi que les véhicules de collection immatriculés avant 1960.

Comment éviter le malus rétroactif lors de l’achat d’une voiture d’occasion ?

Pour éviter le malus rétroactif, la solution la plus simple est de choisir un véhicule qui a déjà été soumis au malus lors de sa première immatriculation. Les voitures immatriculées après 2015 et émettant plus de 107 g/km de CO2 ont probablement déjà payé le malus, sauf si elles ont bénéficié d’une exonération à l’époque.

Une autre option consiste à privilégier les véhicules hybrides ou électriques, qui sont exonérés du malus. Ces modèles sont plus chers à l’achat, mais ils permettent d’économiser le montant du malus et de bénéficier du bonus écologique. Pour les acheteurs qui cherchent une voiture d’occasion économique, il peut être intéressant de comparer le coût total d’un véhicule thermique avec le malus rétroactif et celui d’un véhicule hybride ou électrique avec le bonus.

Enfin, il est possible d’attendre la publication de la loi de finances 2026 pour connaître le seuil exact d’émissions et les montants précis du malus rétroactif. Le gouvernement pourrait ajuster le dispositif en fonction de l’évolution du marché et des objectifs de réduction des émissions fixés par l’Union européenne.

Le malus écologique va-t-il faire baisser le prix des voitures d’occasion polluantes ?

Le malus rétroactif vise à freiner la revente des véhicules polluants et à accélérer leur sortie du parc automobile. En rendant plus coûteuse l’immatriculation de ces voitures, l’État espère inciter les acheteurs à se tourner vers des modèles plus récents, hybrides ou électriques. Cette mesure devrait contribuer à réduire plus rapidement le nombre de véhicules polluants sur les routes.

Pour les vendeurs de voitures d’occasion polluantes, la conséquence est directe : la valeur de revente de ces véhicules pourrait baisser, car les acheteurs devront intégrer le coût du malus dans leur budget. À l’inverse, les véhicules propres (hybrides ou électriques) devraient voir leur valeur de revente se maintenir, voire augmenter, car ils ne sont pas soumis au malus.

Le pari du gouvernement est clair : en appliquant une taxation sur les modèles les plus polluants en circulation, il espère réduire le parc automobile polluant et inciter les acheteurs à choisir des modèles plus récents. Cette mesure s’inscrit dans la logique de la transition énergétique, avec l’interdiction de produire de nouveaux véhicules thermiques à l’horizon 2035.

Que faire si vous achetez une voiture d’occasion en 2026 ?

Si vous envisagez d’acheter une voiture d’occasion en 2026, vérifiez d’abord les émissions de CO2 du véhicule et son année de première immatriculation. Si le véhicule a été immatriculé depuis 2015 et émet plus de 107 g/km, il pourrait être soumis au malus rétroactif. Demandez au vendeur de vous fournir le certificat d’immatriculation et les documents attestant du paiement éventuel du malus.

Si le véhicule n’a jamais été soumis au malus, intégrez le montant estimé de la taxe dans votre budget. Comparez ce coût avec celui d’un véhicule hybride ou électrique, qui bénéficie du bonus écologique et n’est pas soumis au malus. Dans certains cas, la différence de prix peut être moins importante qu’on ne le pense, surtout si vous comptez garder le véhicule plusieurs années.

Enfin, n’hésitez pas à consulter un professionnel de l’automobile ou un conseiller fiscal pour estimer le montant exact du malus et les aides auxquelles vous avez droit. Le système du bonus-malus est complexe et évolue chaque année. Une erreur de calcul peut coûter cher, mais une bonne préparation permet d’éviter les mauvaises surprises.