Oui, mais moins qu'on ne le croit. Depuis le 1er janvier 2018, les voitures électriques particulières sont soumises au contrôle technique, sans aucune exemption liée à la motorisation. La périodicité est identique à celle des modèles thermiques : premier passage dans les six mois précédant le quatrième anniversaire de la première immatriculation, puis tous les deux ans. Le kilométrage n'entre pas en compte, c'est l'âge du véhicule qui déclenche l'échéance. En cas de vente d'un véhicule de plus de quatre ans, un contrôle de moins de six mois doit être fourni à l'acheteur.
Quels sont les points de contrôle spécifiques aux véhicules électriques ?
Le contrôle technique d'un véhicule électrique porte sur la vérification de 133 points, regroupés en neuf fonctions essentielles : visibilité, identification du véhicule, freinage, suspensions, éclairage, direction, châssis et accessoires, autres équipements de sécurité, nuisances. La plupart de ces points sont communs à toutes les voitures. C'est sur la motorisation que la visite se distingue.

Ce que le centre ne vérifie pas
Pas de mesure des émissions polluantes à l'échappement, puisqu'il n'y en a pas. Pas de contrôle du système d'échappement ni du filtre à particules, pas de test d'opacité des fumées. Autant de points qui disparaissent de la liste pour un véhicule électrique.
Les vérifications propres à l'électrique
Le contrôleur examine plusieurs éléments spécifiques :
- l'état et la fixation des câbles et connecteurs haute tension, souvent repérables à leur couleur orange ;
- l'absence de fuite, de choc ou de corrosion sur le bloc batterie et son carter de protection ;
- le bon état de la prise de recharge et de la trappe ;
- le fonctionnement des témoins au tableau de bord liés au système électrique ;
- l'isolation électrique et la sécurité générale de la chaîne de traction.
La batterie haute tension fait l'objet d'une attention particulière : fixation, absence de fuite de liquide de refroidissement, protections mécaniques. Le câblage haute tension et les prises de recharge sont inspectés pour vérifier leur état, leur serrage et leur isolation visible. Le système de gestion de batterie (BMS) est également contrôlé via les voyants d'alerte et les codes défauts accessibles par la prise OBD. Le chargeur embarqué et la prise de recharge sont testés pour vérifier leur fonctionnement et leur verrouillage.
Point important à connaître : la batterie de traction n'est pas démontée ni diagnostiquée en profondeur pendant le contrôle. Le centre vérifie sa sécurité, pas son état de santé, le fameux SOH (State of Health). Pour connaître la capacité réelle restante d'une batterie, un diagnostic dédié est nécessaire, un sujet clé quand on achète d'occasion.
Combien coûte le contrôle technique d'une voiture électrique ?
Les tarifs restent libres et varient selon les centres et les régions. Comme il n'y a pas de mesure antipollution à réaliser, le prix est souvent un peu inférieur à celui d'un diesel. À titre indicatif, on constate généralement entre 65 et 90 euros pour un véhicule électrique, selon le centre. Les écarts peuvent être notables entre grandes villes et zones rurales, il vaut donc mieux comparer avant de réserver. Un contrôle technique standard dure de 30 à 60 minutes selon les sources, le véhicule étant passé sur pont pour inspecter les liaisons au sol et le dessous de la caisse.
Le non-respect de l'obligation de contrôle technique expose à une amende forfaitaire de 135 euros, pouvant être majorée jusqu'à 750 euros. En cas de défaillance critique, le véhicule peut être immobilisé dès la sortie du centre de contrôle, voire mis en fourrière.
Comment éviter la contre-visite ?
Une préparation simple peut réduire le risque d'anomalie et éviter le coût d'une contre-visite. Les centres de contrôle vérifient l'absence de fuites, l'état des câbles haute tension et la bonne fixation des modules. Une préparation chez un concessionnaire prend 30 à 60 minutes et permet de vérifier l'état général, l'éclairage, la pression des pneus et, pour les électriques, l'état apparent des câbles de charge et des protections haute tension. Certains constructeurs proposent des contrôles préalables en atelier ou via des outils connectés pour vérifier l'état du véhicule avant le rendez-vous.

Voici une checklist des points à vérifier avant de vous présenter au centre :
- pression et usure des pneus ;
- fonctionnement de tous les feux et clignotants ;
- état des balais d'essuie-glace et du lave-glace ;
- absence de voyants allumés au tableau de bord ;
- état apparent des câbles de charge et des protections haute tension ;
- batterie suffisamment chargée pour permettre le démarrage et la lecture des codes défauts ;
- propreté du véhicule, notamment à l'intérieur.
Une contre-visite doit intervenir dans les deux mois suivant la première visite. Si les réparations demandées lors du contrôle initial ne sont pas effectuées, le véhicule peut être immobilisé.
Défauts fréquents et points de vigilance
Les défauts les plus couramment relevés sur les véhicules électriques concernent l'état des pneus, l'éclairage et les liaisons au sol, comme sur n'importe quelle voiture. Mais certains points sont spécifiques : un câble haute tension endommagé, une fixation de batterie desserrée ou une fuite de liquide de refroidissement du pack peuvent entraîner une contre-visite. Les centres vérifient également l'absence de corrosion sur les connecteurs et le carter de protection de la batterie.
Un point mérite votre attention : le contrôle technique ne mesure pas la capacité réelle de la batterie. Un véhicule dont la batterie est très dégradée peut donc passer le contrôle sans problème, tant que sa sécurité mécanique et électrique est jugée satisfaisante. C'est une limite à connaître, surtout si vous achetez un véhicule électrique d'occasion. Pour évaluer l'état de santé de la batterie, il faut passer par un diagnostic dédié, généralement proposé par les concessionnaires ou des spécialistes.
Si vous préparez la vente de votre véhicule, sachez qu'un défaut majeur au contrôle technique a des implications concrètes. Un contrôle refusé impose une contre-visite dans les délais réglementaires, avec les réparations prioritaires à effectuer. Pour les propriétaires de motos électriques, le calendrier et les obligations ont leurs propres spécificités, notamment en ce qui concerne le prix du contrôle technique moto.
Faut-il faire un pré-contrôle avant de passer la visite ?
Le pré-contrôle présente un intérêt réel si vous avez un doute sur l'état de votre véhicule ou si vous vous apprêtez à vendre. Il permet de détecter en amont les défauts susceptibles d'entraîner une contre-visite et de les corriger avant la visite officielle. Le coût du pré-contrôle est généralement modeste comparé à celui d'une contre-visite, qui s'ajoute au prix de la première visite et aux éventuelles réparations. En revanche, si votre véhicule est récent et bien entretenu, le pré-contrôle peut s'avérer superflu.
Le contrôle technique d'une voiture électrique n'a rien d'insurmontable. Même périodicité, mêmes sanctions en cas de non-respect, mais des points de contrôle adaptés à la motorisation. La préparation reste la clé pour éviter une contre-visite : vérifiez l'état des pneus, l'éclairage, les témoins au tableau de bord et l'état apparent des câbles haute tension. Présentez un véhicule propre, avec une batterie suffisamment chargée, et vous mettrez toutes les chances de votre côté. Si vous avez le moindre doute sur l'état de la chaîne de traction, un passage chez le concessionnaire avant la visite reste la solution la plus sûre.



